Les 5 Yamas (Yoga) comment les appliquer à sa pratique dans les postures ?

Les 5 Yamas (Yoga) comment les appliquer à sa pratique dans les postures ?

Les 5 Yamas (Yoga) comment les appliquer à sa pratique dans les postures ?
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Aujourd’hui je vais vous parler d’une discipline que je pratique régulièrement : le Yoga. Yama est un terme sanskrit utilisé pour définir les 5 grands principes qui éclairent notre rapport aux autres et au monde. Ils sont décrits dans l’un des textes fondateurs du yoga, les Yoga Sutras de Patanjali.

En Occident, la pratique du yoga se limite bien souvent et malheureusement à l’exécution des postures et de quelques techniques respiratoires. Pourtant, une pratique privée de l’approche enseignée par les 5 Yamas devient superficielle et très éloignée de l’objectif véritable du yoga qui est la connaissance de son « moi profond ». Les postures ne sont que des exercices de souplesse et de gymnastique alors qu’elles devraient être le moyen d’accéder à cette connaissance personnelle : c’est ce qu’on appelle communément le « Bien dans mon corps, bien dans ma tête« .
Comment donc transcender sa pratique pour la rendre plus porteuse ? Comment comprendre et transposer à sa pratique ces 5 règles de vie qui, loin d’être des limites ou des restrictions, sont en réalité des portes donnant un accès direct à plus de liberté ?

Ahimsa, le précepte de non-violence

Ahimsa est le précepte fondamental sur lequel s’appuient tous les autres. Gandhi est d’ailleurs très certainement le meilleur représentant de cet enseignement, puisqu’il est connu pour avoir fait de la non-violence son maître mot et sa ligne de conduite absolue. Cette posture morale a pour but d’éliminer toutes les tendances destructrices et agressives ainsi que le désir de dominer, de maîtriser. Que ce soit par l’observation de ses actes ou de ses paroles, la pratique de l’Ahimsa a pour objectif de purifier le cœur et de le renforcer. L’Ahimsa est, en définitive, une façon d’exprimer son respect pour toutes les formes de vie.

Dans la pratique :

Pour appliquer le principe d’Ahimsa durant les postures, il faut être attentif à ne pas forcer son corps au-delà de ses possibilités. Il faut trouver l’effort juste, et se satisfaire pleinement de ce qui est :

Si ma jambe ne veut pas aller derrière ma tête, très bien !

Voilà ce que nous enseigne l’Ahimsa. En cela, ce précepte est une invitation à plus de lâcher-prise, à une acceptation tranquille des choses telles qu’elles sont. Par extension, l’Ahimsa nous apprend à envisager les expériences inconfortables de la vie avec moins de crispation, moins de résistance et de lutte, mais plutôt avec davantage de souplesse et de créativité pour trouver d’autres solutions, moins coûteuses sur un plan énergétique, et donc plus respectueuses de nous-même.

Satya, la sincérité

La vérité purifie l’esprit obscurci par ses égarements. Car l’aspect fondamental de ce principe concerne la sincérité envers nous-même. En effet, le mensonge vis-à-vis de soi, qu’il soit conscient ou inconscient, est courant et profondément sournois voire dangereux.
Avec le temps, il nous éloigne de nous-même et de notre propre vérité.

Dans la pratique :

Sur le tapis, Satya nous incite à être honnête et sincère avec nous-même quant à nos limites et nos capacités. Dans la vie de tous les jours, nous sommes plus ou moins contraints de ne montrer que nos talents et nos aptitudes. Qu’en est-il sur le tapis ?
Satya nous enseigne à accepter d’être en difficulté sans nous le cacher en nous trouvant des excuses.

Brahmacharia, la chasteté

Brahmacharia est sûrement le Yama le plus délicat à interpréter, car une lecture stricte et littérale serait une erreur. Il n’est en réalité pas question d’abstinence sexuelle, mais plutôt d’une maîtrise de son désir. Il s’agit de ne pas être l’esclave de son propre désir, que son désir et la recherche de plaisir ne soient pas les moteurs de son existence. Pour aller plus loin, il s’agit de dissocier le « faire » du résultat.
Le yoga nous enseigne en effet à faire pour faire. Et non pas à faire pour jouir de quelque chose. On parle d’action détachée.

Dans la pratique :

Appliquer Brahmacharia à sa pratique c’est faire l’effort d’une posture pour l’effort de cette posture, et non pas pour la satisfaction égotique de réussir à tenir à l’envers sur la tête, par exemple. Ce principe apprend à se désintéresser de la finalité, à ne rien chercher de précis et à seulement profiter de ce qui est là, maintenant, à l’instant T dans la posture.

Asteya, le non-vol

Ce précepte commande de s’abstenir de s’emparer de ce qui ne nous appartient pas. Pratiquer Asteya fait disparaitre la convoitise, la jalousie, la frustration et le ressentiment. En cela, ce Yama est également fondamental pour accéder à la libération de l’Être et toucher du doigt le véritable Soi.

Dans la pratique :

De nombreux élèves passent toute leur leçon de yoga à regarder ce que font les autres sur leurs tapis, et à se comparer à eux. Appliquer Asteya à sa pratique, c’est rester dans son propre corps en se désintéressant complètement du degré de réalisation des postures des autres participants au cours. Asteya nous encourage à ne pas envier un autre élève qui réussirait « mieux » telle ou telle posture que nous.

Aparigraha, le non-abus

Ce principe impose de ne pas accumuler les biens car le détachement des choses rend l’esprit libre de tout excès et de toute dérive liée à la possession. La philosophie du yoga voit la possession comme un fardeau, un véritable boulet.
Il n’est pas question de la quantité de choses que l’on a, mais plutôt de parvenir à rester détaché de ces choses car à tout moment tout peut disparaitre, et cela ne doit pas être une source de tristesse ni même de déplaisir. L’impermanence des choses est un pilier dans l’appréhension du monde selon le yoga.

Dans la pratique :

Chaque jour est différent du précédent et rien n’est jamais acquis, voilà ce que nous enseigne Aparigraha. Autrement dit, il faut accepter de réussir une posture d’équilibre par exemple un jour, et le jour suivant ne pas parvenir à la réaliser.
En poussant un peu plus avant la compréhension d’Aparigraha, il s’agit d’envisager chaque posture comme si c’était la première fois que nous l’abordions : il n’existe aucune certitude de réussite, mais en même temps tout est possible.

Qu’est ce qu’une posture réussie finalement ?

Sûrement pas une posture réalisée à la perfection et au millimètre près si elle est vide de sens. Non.
Une posture réussie, c’est une posture habitée de ces 5 intentions, de ces 5 Yamas, car c’est bien cela qui rendra la pratique des postures profitable sur un chemin de développement personnel et d’accomplissement de Soi.
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